L’enfance confisquée

L’enfance confisquée laisse un vide sidéral entre les deux épaules, que rien ne remplace vraiment.

 

Certains le remplissent alors de tout, et ne laissent plus place à rien. Chez d’autres, il reste éternellement vide et résonne à tout.

Il devient alors le théâtre d’un écho permanent, caisse de résonance aux autres et à la Vie, qui devient insupportablement douloureuse…

L’arpentage de ce vide permet la délimitation d’une dimension dont la profondeur, magnétique, attire nos semblables.

 

La rupture avec un être aimé venu se blottir dans le vide de chaque atome en nous, laisse alors un vide encore plus grand qui vibre encore plus fort.

Cesser alors de vouloir remplir ce vide et contacter les émotions au-delà des mots du moment, permet de contacter la vibration originelle qui permettait à ce même vide d’être ressenti.

S’ouvre alors une porte entre les deux épaules, offrant à notre vide intérieur d’être en contact avec le vide in1ni de l’univers.

Jusqu’au moment où nous ne contenons plus le vide, mais le vide nous contient, nous enveloppe.

De cette vibration, tout peut émerger. Elle est la glaise primordiale du désir qui donne naissance aux curieux hasards, avant de devenir Rencontre. Elle transmute cette insupportable douleur à tout, en jouissance à tout.

 

Stephan Schillinger

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